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Les quatre vérités de Jean-Marc Vaudiau

Non à la réforme bâclée CO22

4 Mai 2022 | Les 4 vérités de Jean-Marc Vaudiau

Pourquoi faire de nos enfants des cobayes? Ils ont droit à un enseignement qui rende possible leur épanouissement

Toutes les fois qu’une difficulté scolaire surgit dans notre République, les responsables sortent de leur chapeau une réforme. Et hop! Ces réformes se succèdent au fil du changement de magistrat à la tête du DIP. Cependant, on ne réforme pas la qualité de l’enseignement, mais on réforme les structures, comme si la structure pouvait compenser les faiblesses endémiques de la philosophie de l’enseignement.
Ce qui saute aux yeux c’est l’impréparation de ce «CO22» soumis au peuple:
1. On voit qu’il s’agit d’abord de prolonger le système primaire durant deux ans. Mais l’élève aura plusieurs enseignants au Cycle qui, en 45 minutes, ne parviendront pas à installer l’ambiance nécessaire pour établir le travail à trois groupes. Ce qui n’est pas le cas avec l’hétérogénéité du primaire, où un seul maître peut compter sur une autre gestion du temps.
2. On pense ensuite que les meilleurs élèves vont tirer vers le haut les plus faibles. Mais ce sont ces meilleurs qui seront tirés vers le bas! De plus, ces meilleurs pourront faire le Cycle en deux ans au lieu des trois ans imposés aux autres. Ce qui est piquant: on veut nous vendre cette réforme pour obtenir plus d’égalité, pour permettre à tous d’y arriver, tandis qu’on institutionalise les deux vitesses!
3. Le DIP affirme en outre que ce système existe ailleurs. C’est faux. Il n’y a jamais eu d’essai pilote du système proposé, nulle part: une mixité intégrée sur deux ans et une 3e année à deux sections. La fausse information pour soutenir l’idéologie est un piètre moyen qui ne convaincra sans doute pas le peuple genevois le 15 mai.
4. De plus, l’exigence de diminution des effectifs par classe pour que cela fonctionne aura des répercussions sur les postes à augmenter et sur les locaux, pas toujours disponibles dans les établissements.
5. Les maîtres, enfin, ne sont pas formés à enseigner synchroniquement à trois groupes.
Pourquoi faire de nos enfants des cobayes? Ils ont droit à un enseignement qui rende possible à la fois leur épanouissement personnel et leur préparation à ce qu’ils pourront faire au sortir de l’école obligatoire.

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