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Les quatre vérités de Jean-Marc Vaudiau

La langue bradée

1 Juin 2022 | Les 4 vérités de Jean-Marc Vaudiau

Le langage inclusif, impossible à lire, est le véritable cancer de la langue, la rongeant de l’intérieur.

L’enthousiasme modernitaire de nos contemporains épris de nouveauté devrait se modérer un brin. Nous vivons dans un monde qui nous a précédés et qui nous survivra: cette évidence têtue devrait inciter à la modestie de la part des chevaliers du mouvement perpétuel, de la mode du jour et du modernisme obtus. Nous nous coupons de notre héritage culturel, et d’abord de notre héritage linguistique. Notre langue s’appauvrit, tout comme notre QI d’ailleurs; et peut-être est-ce lié? L’homme devient chaque jour plus stupide depuis qu’il a décidé de tout déconstruire.
La révision de l’orthographe, illégitimement décrétée par nos cantons francophones, en est un exemple frappant. On modifie d’autorité les manuels scolaires pour simplifier la langue! Peut-on imaginer plus délétère? Non, car la transmission de la langue se fait par la littérature. C’est elle qui véhicule la poésie, la musique, le goût des mots, l’histoire, l’identité d’un peuple, son rapport au monde, car la saveur des choses est déjà dans les mots.
Or notre langue doit sans cesse lutter contre trois menaces qui n’en finissent pas de la soumettre:
1. La langue conçue comme un simple outil de communication, donc détachée de sa dimension littéraire, de ce jeu des sons que l’enfant, tout petit, aime déjà et que l’adolescent scolaire ignore superbement.
2. La novlangue idéologique, celle qui invente des termes managériaux ou médiatiques, afin de créer des représentations artificielles et mensongères.
3. Le langage inclusif, impossible à lire, et qui est le véritable cancer de la langue, la rongeant de l’intérieur.
A cela, les fonctionnaires de la débandade répondent doctement, comme ils l’ont appris en un psittacisme stérile, que «c’est normal car la langue évolue», parce qu’ils croient que la répétition de banalités torrides construit un savoir!
Aujourd’hui que nous avons honte de nous, que nous ne nous aimons plus, nous faisons du passé table rase et nous déconstruisons ce qui est essentiel à notre survie. Mais notre monde vaut la peine d’être transmis, et enrichi.

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