Avec les 22 arcanes du tarot, on est piqué sans piqûre.

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carrière & formation

22: une rime, une date, un lieu ou un poste?

12 Jan 2022 | Carrière et formation

Comment parler de «carrières et formation» au seuil d’une nouvelle année? On peut nommer les métiers qui montent ou qui chutent… ou donner des trucs face à son patron ou ses collègues. Des rituels vains comme celui du sorcier, mais un rituel par an peut remettre les compteurs à zéro… en famille comme au bureau.

Surtout quand l’année rime par ses zéros ou ses deux: après 2000 et 2020, voici 2022… la dernière d’une série courte avant celle de 2200 à 2222. Assez pour les dates… voyons le lieu: «022» reste un symbole de Genève, même si les trois premiers chiffres d’appel ne disent plus où on est. Mais un autre vingt-deux – celui des flics – nous ramène aux carrières: voyons donc ce que ce petit jeu de Nouvel-An peut dire en la matière.

Parti et partie: plus qu’une
égalité genre

Pour «vingt-deux les flics», on trouve au moins deux versions: les boutons sur la veste des agents; ou – chez les typos avant les flics – un jeu de chiffres pour parler du chef (voir par exemple mots-surannes.fr/?p=4450). De toute façon, quand «tout le monde hait la police», le flic est un petit incompris malgré sa grande matraque. Mais ce premier article de l’année ne va pas se pencher plus avant sur les forces de l’ordre. Ce siècle en verra assez, sans qu’on anticipe (comme ifri.org): que près de la moitié des Chiliens aient voté à Noël pour un «Pinochet bis» montre qu’on ne peut jamais réduire un peuple à une de ses parties. Alors, après le pouvoir temporel de la maréchaussée – tenue d’être au moins une «grande muette» – passons au pouvoir spirituel de la parole… celui du «vingt-deux les clercs».

Une fusée, c’est pas sorcier

Quand le peuple est roi, frapper du poing de sert plus à rien… même Bonaparte le disait: on mène les gens par le bout… de la langue. Oh! les formules toutes faites sont aussi vieilles que «Bonne année» ou aussi neuves que «Egalité genre»: le sorcier incarnait l’ordre, la sorcière plutôt les humbles. Le savant moderne comme le sorcier d’antan doit parler même quand il n’a rien à dire… lui aussi dans une langue morte: c’est ce que cette rubrique tente de montrer d’une semaine à l’autre. On dira que la science de l’expert met au moins du chlore dans l’eau bénite… qu’elle vise le ciel sans le prier… et qu’elle sait aussi marier le logos de Tournesol et le motus des Dupondt. Pour frapper Mars, une fusée bien ciblée vaut mille cantiques… et la pharma sait guérir même qui ne peut dire où ça fait mal: les ânes comme les pins. Mais le savoir des économistes, politologues, psychiatres et autres théologiens… bref, la plupart des métiers formés dans les grandes écoles… est-il de la «rocket science», comme dit l’anglais?

Le prestidigitateur, plus grand des artistes

Ce texte ne va pas faire le procès de tous les faux savoirs; ni exalter les métiers «à haute valeur ajoutée», qui souffrent d’une définition circulaire: sont à haute valeur les métiers qu’on paie cher dans l’espoir qu’ils donnent gros… mais sont censés donner gros – en tout cas, un gros salaire – les métiers dits à haute valeur. Mais pour du supplément d’âme sinon de valeur, l’artiste est bon sorcier: quand le prince veut des
«alléluias» de la foule et qu’il est à court d’idées, il sort une des Muses de sa manche… et le tour est joué (on le voit souvent ces temps). Est-ce pour leur flou artistique que les «métiers verts» à la belle couleur font désormais tant rêver les jeunes? Ce petit conte de Nouvel-An est, certes, un peu tiré par les cheveux, mais il dit que cette année encore moins que les autres, entre faire carrière dans la frime ou être lucide donc rejeté, on ne sait dans quelle poche est la clef de la troisième porte.

 

Boris Engelson