Nicolas Féraud.

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Nicolas Féraud, Président de Crans-Montana

«Une ville superbe à la montagne!»

2 Mar 2022 | Articles de Une

Imaginez une ville du futur échappée de la science-fiction. La Metropolis de Fritz Lang en 1927, avec son métro suspendu et ses routes haut perchées. La Metropolis de Tezuka en 2001, conçue par le grand maître de l’animation nippone, avec la même tension vers les hauteurs et le même goût pour les technologies de pointe que son éponyme. D’autres encore, comme dans «Blade Runner», film inspiré par le génial Philip K. Dick et son mythique récit «Les Androïdes» rêvent-ils de moutons électriques? Ou, comme dans Le «Cinquième Élément» de Luc Besson, où le luxe prospère en altitude tandis que la foule grouille tout en bas…
Quel rapport avec Crans-Montana? J’y viens après une balade virtuelle dans la station, accompagné du président Féraud et de Queen, sa golden retriever qui nous couve de son regard si doux. Portrait express du guide: Nicolas Féraud, 51 ans, 2e législature, marié, une fille, études de pharmacien à Genève avant de regagner son cher Crans-Montana et de bifurquer dans le monde pratique via l’exploitation d’établissements publics. Aujourd’hui en charge à 100% des intérêts locaux et citoyens, il pilote quantité de projets ou se mélangeront high-tech, geek’s world, luxe et investissements à coups de centaines de millions, transports du futur et – à l’instar de l’urbanisme de science-fiction – développement à la fois horizontal et vertical des communications.

Un demi-milliard
d’investissements

Pour comprendre cette vision – assez proche de celle du Conseil communal et de son président – une présentation chiffrée de Crans-Montana n’est pas inutile: 21 villages (4 du bas, une quinzaine du côteau et, cerise sur le gâteau, la station); 10 000 habitants (15 000 avec la commune voisine de Lens) et 60 000 en haute saison; des rentrées fiscales de plus de 70 millions; un rendement global de l’impôt sur la fortune de 18 millions; un revenu fiscal moyen de près de 7000 francs par habitant; 70 hectares réservés pour de grands projets et 77 en magasin pour l’avenir; un demi-milliard d’investi pour quatre projets majeurs, des fonds privés mais avec participation publique.
«Derrière ces données, il y a surtout une stratégie de développement fidèle aux valeurs de Crans-Montana, tempère Nicolas Féraud. On prépare certes l’urbanisme de demain, qui sera celui d’une ville superbe à la montagne. Mais on investit avec un engagement égal dans des projets porteurs pour toutes les couches de la population. Que ce soit dans le logement, les crèches (20 millions en trois ans), les homes, les centres médicaux ou les autres infrastructures d’une commune moderne et performante».
En première ligne et en première position pour chouchouter les investisseurs (institutionnels ou non) indispensables au futur de sa station et de ses villages, le président se transforme chaque jour en VRP de sa commune. «Le relationnel direct avec les décideurs est primordial, explique-t-il. En effet, nous traitons actuellement avec des grands noms ou des fortunes privées de premier plan, et la concurrence pour les attirer est rude, même si nous avons tout pour plaire: un site absolument incroyable, des terrains, des infrastructures, des locaux de haut niveau. Où voulez-vous trouver dans le monde un endroit où vous pouvez atterrir avec votre propre avion et le parquer, skier le matin sur des pistes de Coupe du monde, vous rendre à un business lunch à midi dans des restaurants étoilés, et surfer l’après-midi? Ne cherchez pas! C’est à Crans-Montana! Et les projets en cours accroîtront encore nos atouts».

Montana, depuis le lac de la Moubra.

Des thermes, enfin

A tout seigneur, tout honneur: les Thermes du Haut-Plateau. «Plus de vingt ans qu’on les attend, se souvient le président Féraud. Il s’agit là de la seule prestation qu’on ne pouvait fournir jusqu’ici à nos hôtes. Mais nous sommes à bout touchant désormais. Quelque 65 millions pour les bains et autant pour les quatre immeubles qui accompagnent le site et où se côtoieront ventes et locations. Nous avons même déjà un opérateur de poids, une société qui gère déjà plus d’une cinquantaine de bains à l’international». Sacrée concurrence en perspective pour Loèche, Ovronnaz et Saillon!
Secundo, les Tsintres ou projet Constantin: ici, l’autre président, «CC» du FC Sion, ne construit rien d’autre que le premier palace dans les Alpes depuis cinquante ans. «Outre l’hôtel, lâche Nicolas Féraud, l’ensemble comportera quatre grands immeubles et quatre petits. Christian travaille sur ce projet avec un grand nom de l’hôtellerie de luxe». Il n’en dira pas plus pour le moment, discrétion oblige dans ce type d’opération, mais après enquête dans l’entourage du promoteur, il se chuchote qu’il pourrait bien s’agir des amis zermattois de Christian, la famille Seiler pour ne pas les nommer.
Tertio, les Barzettes: «Là, c’est le réaménagement de tout un quartier, confie notre interlocuteur. Un grand hôtel au départ des Violettes, un village de vacances avec de jolies résidences locatives, complexe collé au nouveau stade d’arrivée de la Nationale, avec parking pour voitures et bus». Ce stade de ski sera magnifique, avec d’immenses galeries vitrées, un étage pour la Fédération internationale de ski, un étage pour la presse, et un étage VIP. Un projet qui nécessiterait très certainement à terme un rachat des remontées mécaniques à la CMA du milliardaire Radovan Vitek. «Ce n’est pas gagné, mais c’est possible», sourit le président Féraud, habitué aux comportements erratiques des remontées mécaniques à l’ère tchèque.
A noter que ce quartier sera marqué, architecturalement parlant, de la patte futuriste des architectes montheysans Geneviève Bonnard et Denis Woeffray, déjà relookeurs des entrées et du quartier de la gare (hôtel, salle de spectacle, logements) de Sion.

Tout pour la high-tech
et le numérique

Pour compléter ce carré gagnant, le projet Alpine X: «Un grand bravo à notre promotion économique, s’emballe Nicolas Féraud. Crans-Montana trouve là des chefs d’entreprises qui veulent vraiment installer ici leurs sociétés et leurs familles, des gens enthousiasmés par la qualité de vie que nous offrons sur notre plateau». De facto, dans cette zone où est établie la Municipalité, va se développer un centre consacré aux hautes technologies et à l’économie numérique. «Le succès annoncé nous obligera peut-être à déménager, mais c’est un moindre mal», complète le président. La réurbanisation prévoit d’associer l’arrivée du funiculaire avec un hub de transport garant de la communication horizontale dans la station. Toutes les cliniques seront reliées par une ligne de cabines magnétiques sur lesquelles planche le géant Nevomo. Le trajet passera par les Violettes et se prolongera en direction de Crans. Au besoin, suivant la complexité du tracé, un système est prévu qui verra les cabines effectuer une partie de leur parcours sur des navettes routières électriques, avant de retrouver le confort du câble.

Une future liaison avec Berne?

A la Commune comme à l’Etat du Valais ou à Berne, personne ne confirme ou alors seulement à demi-mot, mais il semble bel et bien qu’une liaison Les Villettes-Plaine Morte-La Lenk-Adelboden soit à l’étude. Autrement dit un véritable axe de communication vertical pour Crans-Montana. Un chantier du futur qui placerait le Haut-Plateau à une heure de la capitale. Mais là encore, quid de la CMA de Radovan Vitek et de sa gestion pour le moins hésitante?
Une chose est sûre, la station du président Féraud ne manque ni de projets spéculatifs, ni de réalités en marche (l’arrivée certaine des chaînes d’hôtels Six Senses et Hyatt), avec des centaines d’emplois à la clef. Alors que d’autres destinations touristiques du canton se perdent dans leur passé, oui Crans-Montana jouera dans la prochaine décennie la carte d’une ville à la montagne, alliant la top-modernité au charme alpin. Oui, le tourisme et l’économie high-tech y feront bon ménage. Et oui, les transports et liaisons du futur y seront spectaculaires.
«Parce que notre destination sait se montrer attractive au quotidien, hiver comme été, résume le président Nicolas Féraud. Qu’on sait y cultiver l’art de vivre, bref, parce que nous sommes uniques!».

 

Jean-François Fournier

La Fête des maires, c’est toute l’année!

 

On peut être minoritaire, préférer le changement à la tradition, la création à la préservation, et pourtant être un président à qui tout réussit: la preuve par Nicolas Féraud, 51 ans, président de la Commune de Crans-Montana et de ses 21 villages.

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