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Nouveaux modes de travail: Beezi est né

Stoneweg lance les espaces industriels de demain

1 Déc 2021 | Articles de Une

«Il y aura un avant et un après mars 2020»: ce constat s’impose à tous. Mais lorsqu’il vient de Diana Oblak, directrice de Stoneweg pour la Suisse, il annonce d’emblée une initiative concrète: avec ses partenaires de Varia Swiss Realtech Properties, Stoneweg, groupe international de conseil en investissement immobilier et gestionnaire d’actifs dont le siège est à Genève, pose dans tous les sens du terme la première pierre des espaces industriels de demain.

Dans un froid polaire, le grand chantier de Tolochenaz/VD (on ne parle évidemment pas de celui des CFF) accueillait voilà quelques jours la présentation du concept innovant «Beezi», une chaîne d’espaces industriels de nouvelle génération. Une trentaine d’investisseurs, partenaires et acteurs du projet – ainsi que votre Journal de l’Immobilier – eurent le privilège d’assister ensuite à une table ronde sur les réalités industrielles post-Covid (ou para-Covid si le virus continue à parasiter notre environnement). Enfin, la première pierre du centre Beezi de Tolochenaz fut posée. Dix mille mètres carrés y seront disponibles à la location en 2023. Quatre autres centres suivront, disposés stratégiquement le long des voies de communication du pays: Meyrin/GE (entre les sièges de Richemont et de Firmenich), Wigoltingen/TG (65 000 mètres carrés prévus), puis Berthoud/BE et un site en Argovie.

Beezi rend les nouveaux modes de travail auparavant réservés aux start-up accessibles aux industriels et aux artisans.

Une idée originale

Le principe de chaîne est inédit dans le secteur de l’industrie et de l’artisanat. Il s’inspire à la fois du coworking et des start-up, permettant aux locataires – industriels, artisans ou entreprises établies – de bénéficier de nombreuses infrastructures et de services mutualisés, en aménageant et faisant évoluer à leur gré leur occupation d’espace. En outre, ils participent de l’ensemble du réseau Beezi à travers le pays, ainsi que des synergies générées grâce à la véritable communauté qu’il constitue. Comme l’a fort bien souligné Jean-Baptiste Leimgruber, responsable de l’Economie régionale au Service de la promotion de l’économie et de l’innovation de l’Etat de Vaud, l’offre foncière se raréfie, les dispositions légales se renforcent et la sensibilité de l’opinion face à l’artificialisation des sols imposent de repenser l’immobilier industriel. «La combinaison de prestations centralisées et d’immobilier modulable, telle que conçue par Beezi, est une formule gagnante», ajouta-t-il.
Beezi rend les nouveaux modes de travail auparavant réservés aux start-up accessibles aux industriels et aux artisans. Centrés sur l’humain, ces bâtiments conviviaux et fonctionnels permettront aux collaborateurs de s’épanouir et d’accroître leur productivité, tout en libérant les entrepreneurs de fastidieuses tâches administratives et de logistique immobilière. «Beezi vise à fournir aux entreprises la possibilité de se concentrer sur l’innovation, la production et la commercialisation, sachant que le calcul des mètres carrés nécessaires n’est plus un problème», résume Jean Golinelli, associé de Stoneweg et directeur international de ce groupe fondé en 2015, déjà présent dans sept pays (Suisse, Etats-Unis, Espagne, Royaume-Uni, Irlande, Andorre et Italie). A ce jour, Stoneweg a effectué pour près de 5 milliards et demi de francs d’investissements immobiliers dans différents secteurs, anticipant les tendances et focalisant son activité sur l’innovation en matière d’investissement immobilier.
Le projet lancé en cette glaciale fin de novembre représente un investissement de plus de 100 millions de francs sur les trois prochaines années, réalisé par Varia Swiss Realtech Properties (VSRP), joint-venture entre Stoneweg et le fonds d’investissement Decalia.

 

Thierry Oppikofer

Table ronde industrielle

Mot clef: responsabilité

Première pierre sur le chantier du premier centre Beezi à Tolochenaz. De gauche à droite: Jean Golinelli (Stoneweg), Frédéric Noirot (Stoneweg), Salomé Caridad-Perez (Commune de Tolochenaz), Fabien Steinbrücker (MPS),
Diana Oblak (Stoneweg), Antoine Pilloud (MPS), Jean-Baptiste Leimgruber (Etat de Vaud).

A Tolochenaz, un intéressant échange de vues a eu lieu, animé par Diana Oblak (Stoneweg Suisse), entre Raphaël Conz (responsable de l’Unité Entreprises au Service de la promotion de l’économie et de l’innovation de l’Etat de Vaud), Jean Golinelli (Stoneweg international) et Killko Caballero (cofondateur de Totem, chaîne de salles d’escalade à l’américaine).
Killko Caballero, dont un excellent portrait avait été publié dans «Le Temps» du 26 février 2019 sous la plume de notre consœur Caroline Christinaz, s’est lancé à plus de 60 ans – après des décennies de succès au sein de la Sillicon Valley – dans une nouvelle aventure, baptisée Totem. Cinq centres d’escalade ont ouvert en Suisse, caractérisés par leur approche conviviale. «On y vient en famille, on y déjeune, on s’y sent bien. Rien à voir avec un fitness où l’on transpire avant de se doucher et de repartir», résume celui qui se dit convaincu par l’approche ouverte et conviviale prônée par Beezi. Raphaël Conz partage cette approbation: «Ce qui est important, c’est les cerveaux, pas les mètres carrés. Il faut travailler ensemble et non plus en silo», dit-il, citant l’exemple du site des défuntes IRL à Renens/VD: l’ancienne imprimerie est devenue un centre d’innovation multidomaines, comprenant même une brasserie.

Jean Golinelli, dans une formule plus facile à écrire qu’à prononcer, invite ceux qui doivent «inventer demain» à «passer de la concurrence à la co-occurrence». Les bailleurs ont longtemps bénéficié d’un rapport de forces qui leur était favorable: les entreprises avaient besoin de locaux. Aujourd’hui, ils doivent devenir des partenaires, inventer de nouvelles collaborations avec leurs locataires industriels, artisanaux ou commerciaux. On l’a vu durant la période la plus dure de la pandémie: la plupart des propriétaires et des régisseurs ont fait preuve de solidarité. Cette relation gagnant-gagnant doit se poursuivre. «Le mot clef est la responsabilité, économique, environnementale et sociale», martèle le dirigeant de Stoneweg. Raphaël Conz assure quant à lui que même les plus grandes entreprises ont bien compris que les petites start-up étaient génératrices d’innovation et que le géant Nestlé, par exemple, contribuait à en entretenir un réseau. Une collaboration que les participants estiment davantage encouragée aux Etats-Unis qu’en Suisse.
Connecté, convivial, responsable: l’espace industriel ou artisanal de demain devra l’être.Car, comme devait le conclure Jean Golinelli: «L’immobilier est un facteur de production. Or la production industrielle ou artisanale ne peut pas être dématérialisée ou effectuée en télétravail! Et si l’on n’adopte pas des modes de fonctionnement plus collaboratifs, nous aurons de la peine à faire face au défi qui nous attend, autrement plus dangereux que la Covid-19: la crise climatique».

Th.O.

GROS PLAN

Les atouts de Beezi

• Le locataire ne loue que les surfaces dont il a réellement besoin pour son activité productive, mais bénéficie d’espaces supplémentaires grâce à la mutualisation.
• Les surfaces sont lumineuses et ergonomiques, couplées à une large gamme de prestations. Elles favorisent les échanges au sein des entreprises et entre elles.
• Les locataires des centres bénéficient des synergies générées au sein de la communauté Beezi.
• Chaque centre est équipé d’un Food Hub permettant de se restaurer sur place. Il est évidemment construit selon les derniers standards en termes de consommation d’énergie et de préservation de l’environnement et bénéficie d’une importante végétalisation.

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