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Saint-Martin, petite commune et grand dynamisme

24 Avr 2024 | Articles de Une

Petite commune de montagne située sur les deux versants de la Borgne, rivière principale du Val d’Hérens, Saint-Martin connaît une progression constante de sa population grâce à l’établissement de jeunes familles, séduites par un cadre de vie idyllique et les avantages financiers, comme l’explique Alain Alter, le très enthousiaste Président de commune.

– Vous effectuez votre deuxième législature. Qu’est-ce qui a motivé votre engagement?
– J’ai toujours eu de l’intérêt pour la chose publique. Après une carrière à l’Etat du Valais, au Service de l’agriculture, j’ai exercé la fonction de président de la Fédération suisse d’élevage de la race d’Hérens. Il y a huit ans, j’ai été sollicité pour la candidature à la présidence de la commune de Saint-Martin, la place étant devenue vacante. Après mûre réflexion, j’ai accepté de relever ce nouveau défi, aussi inattendu qu’audacieux. Avec le recul, j’avoue que la fonction de Président de commune est pour moi synonyme de grand bonheur.

– Contrairement à certaines communes de montagne, Saint-Martin connaît une augmentation de sa population.
– En avril 2018, la commune comptait 823 habitants, contre 863 aujourd’hui. Il s’agit d’une part de jeunes de la commune qui s’installent à Saint-Martin avec leur famille et d’autre part de retraités, notamment des Confédérés des cantons de Vaud et de Genève, qui connaissaient la commune et avaient déjà fait l’expérience de cette ambiance villageoise et ont décidé finalement de s’y installer. Il y a un bon équilibre entre les familles et les retraités.
La commune a mis en place une politique volontariste, il y a une quinzaine d’années, afin d’assurer la relève de la population et de conserver les écoles primaires. Les primes d’assurance maladie des enfants, de la naissance à 18 ans, sont payées par la commune pour les familles qui s’installent durablement en résidence principale à Saint-Martin. De plus, les familles souhaitant s’établir à long terme peuvent acquérir du terrain à bâtir appartenant à la commune suite à des remaniements parcellaires urbains (RPU) et ce, pour la moitié du prix du marché, qui se situe actuellement aux environs de 120.- francs le mètre carré.
La qualité de vie de Saint-Martin est un atout. Nous avons, par exemple, une famille belge avec quatre enfants qui a choisi de s’établir ici. Tous ces nouveaux arrivants sont bien intégrés et s’engagent beaucoup pour la commune, notamment par le biais des nombreuses associations.

– Justement, les infrastructures sont-elles adaptées?
– Nous avons bâti une Maison des Générations. Il s’agit d’un projet original qui a vu le jour en 2017. Le choix a été fait de créer au cœur du village de Saint-Martin un vaste ensemble regroupant une crèche, une école primaire et des appartements protégés et pour des familles. Pour la crèche, nous collaborons avec la commune voisine de Mont-Noble. Elle dispose de plus de 40 places. Entre les deux communes, les demandes sont nombreuses et pour le moment, nous parvenons à les satisfaire.

– Où en est la commune dans l’élaboration de son plan d’affectation de zones (PAZ)?
– La commune de Saint-Martin doit mettre en place un aménagement du territoire permettant le développement de possibilités résidentielles attractives et de biens et services en adéquation avec l’évolution observée et prévisible de sa population. Nous avons établi un périmètre d’urbanisation et déterminé des zones réservées (gel de la possibilité de construire en attendant l’adaptation du PAZ) d’environ une vingtaine d’hectares. Malgré cela, il restera toutefois des zones à bâtir, principalement entre les neuf villages et hameaux que comprend la commune et qui s’étendent sur 3696 hectares.

La Maison des Générations. Modernité et tradition se côtoient.

– Quelle est votre politique environnementale?
– Nous nous inscrivons dans une démarche durable et misons sur les énergies renouvelables. Nous allons notamment installer des panneaux solaires sur les toits de deux bâtiments communaux, d’une surface d’environ 600 m2. Des batteries de stockage seront prévues, qui permettront de fournir l’énergie nécessaire à ces immeubles. Cela représente un investissement de près d’un million de francs.
D’une manière générale, il y a un vrai engouement dans la commune pour les panneaux photovoltaïques, alors même que nous n’accordons pas de subventions. En revanche, la commune accompagne les propriétaires par des mesures relatives aux procédures.
Concernant le chauffage à distance, la commune a réalisé une étude de faisabilité, mais la configuration géographique de Saint-Martin a rendu le projet hors de prix.

– Qu’en est-il de l’agriculture?
– Plusieurs fermes sont présentes et pratiquent l’élevage de moutons, de vaches laitières et allaitantes de la race d’Hérens, ainsi que des chèvres laitières. Ossona – zone réhabilitée grâce au projet de développement rural (PDR) initié conjointement par la Confédération, le Canton et la Commune – abrite un site agritouristique durable, un domaine agricole inauguré en 2007, des gîtes et un restaurant avec une salle de conférences complètement équipée.
Une fromagerie située dans le village de Saint-Martin transforme le lait des vaches des communes de Mont-Noble et de Saint-Martin en fromage à raclette au lait cru. Deux alpages, celui de Lovégno et d’Eison, permettent d’estiver bovins et ovins pendant plus de cent jours.

– La commune est-elle touristique?
– Même si la commune ne dispose pas d’hôtel, des possibilités de logements existent comme la location d’appartements, de chalets, gîtes, etc. La réalisation d’un hébergement touristique paraît nécessaire; pour cela il faudra attendre que le PAZ soit réalisé.
Nous privilégions le tourisme doux, avec des activités comme la randonnée grâce à nos très beaux sentiers pédestres, tel le sentier didactique Maurice Zermatten qui s’étend de Combioule à la cabane des Becs de Bossons. Cette cabane est perchée à 2985 mètres d’altitude et offre un panorama exceptionnel sur le Mont-Blanc, les 4000 mètres du Val d’Anniviers et les sommets du Val d’Hérens et des alentours.

– Selon vous, quels sont les défis pour Saint-Martin?
– Il y en a tout une série: le maintien voire l’augmentation de la population active par la création de postes de travail et l’assurance pour nos aînés d’une vie adaptée à leurs besoins et agréable; la garantie d’un cadre de vie supportable financièrement pour l’ensemble de la population et les divers acteurs de l’économie; la conservation d’un milieu naturel conforme au développement durable et à une offre attrayante d’un tourisme doux et authentique; la valorisation des énergies renouvelables – hydraulique et solaire – au détriment de l’énergie fossile; la création de zones de rencontre en aménageant des places villageoises où l’on pourrait se réunir pour parler, échanger et «refaire le monde»; la sécurité du réseau routier communal; le projet de liaison verticale Euseigne – Saint-Martin, reconnu par la Confédération, à l’étude et qui pourrait aboutir, au plus tôt, en 2026. Tous ces objectifs seront réalisables en tenant compte des disponibilités financières communales qui nécessitent une gestion rigoureuse.

– La question d’une fusion avec d’autres communes avait été évoquée. Où en est-on?
– A ce jour, les cinq communes du Val d’Hérens – Mont-Noble, Vex, Hérémence, Saint-Martin et Evolène – ne sont pas prêtes à une fusion sous une seule et même entité. Cependant, la question de la fusion reste ouverte et la réflexion se poursuit. La réponse sera l’affaire de futures autorités communales.

 

PROPOS RECUEILLIS PAR
Virginia Aubert

Alain Alter.

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