On vide les classes des très bons élèves, alors qu’on comptait sur eux pour aspirer les
autres vers le haut.

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Réforme du Cycle d’orientation

Rétropédalage: CO22 pas mûr!

1 Déc 2021 | Articles de Une

Donc le Département genevois de l’Instruction publique recule comme il l’avait fait pour le Passeport-Vacances en 2016, comme il l’avait fait lorsqu’il se proposait de changer le nom du DIP en «DFJ» en 2018, comme il l’avait fait à propos de l’introduction des tablettes numériques en 2019. Aujourd’hui le projet de réforme du Cycle d’orientation (CO22) est repoussé d’une année, jusqu’à la rentrée 2023. Cela montre combien cette réforme n’est pas mûre et combien l’opposition est ferme, à telle enseigne d’ailleurs que la magistrate l’avait annoncé sur «Léman Bleu TV» avant même le référendum. De reculades en impréparations, tel est le bilan de la magistrate à la tête de ce Département.

Un référendum vient d’être lancé en se fondant sur une interminable liste de raisons. La réforme CO22, devant le constat mitigé que tout le monde dresse de l’actuel système, ne propose pas un accompagnement adapté aux besoins de chacun, mais uniformise l’enseignement et la prise en charge à l’école. La réforme CO22 ne tient pas compte du fait que, face à ces modalités d’enseignement, certains élèves sont en échec depuis des années. L’école ne reconnaît pas leurs compétences, mais montre seulement du doigt leurs difficultés.
Par ailleurs, les professeurs ne sont pas prêts, parce que la formation prévue dans la précipitation est irresponsable.
De plus, CO22 va permettre aux meilleurs de faire le parcours en deux ans, alors que les autres, les moyens et les faibles, devront le faire en trois ans. On vide ainsi les classes des très bons élèves alors qu’on comptait sur eux pour aspirer les autres vers le haut. L’hétérogénéité coûte plus cher et n’est pas garante de réussite.
Cette nouvelle structure n’a pas été testée préalablement dans quelque classe que ce soit. On part bille en tête, en décrétant ce qui est bon pour Genève, et tous les élèves de 12 à 15 ans seront les cobayes obligatoires d’une vision purement idéologique, qui consistera en fait à prolonger l’école primaire de deux années.
Avant d’imaginer tout changer, il vaut la peine de se pencher à une amélioration du système actuel.
Le référendum a donc pour but de laisser trancher le peuple. Il faut 6000 signatures avant le 5 janvier 2022 pour qu’ensuite la campagne argumentée puisse débuter. Les «pour» et les «contre» disputeront loyalement, puis parents et grands-parents déjà inquiets, citoyens et usagers, se feront une idée. Le peuple genevois s’est à plusieurs reprises méfié des classes hétérogènes au CO; peut-être a-t-il changé d’avis, peut-être est-il d’accord de payer plus cher une école à la peine, mais pour cela il faut le lui demander. n

Jean Romain,
Député au Grand Conseil genevois

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