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Espace public

Référendum contre l’interdiction de la publicité en Ville de Genève

13 Avr 2022 | Articles de Une

Le Conseil municipal de la Ville de Genève a adopté le règlement de mise en œuvre de l’Initiative «Genève zéro pub – libérons nos rues de la publicité commerciale». Tous les amendements proposés pour assouplir ce règlement ont été balayés par la gauche, persuadée qu’en interdisant la publicité, elle lutte contre la surconsommation, l’obsolescence programmée, le surendettement, la pollution et le changement climatique… Tout un programme!

Ce dogmatisme va coûter cher à la Ville, qui perdra 4,6 millions (redevance et prestations gratuites de l’entreprise en charge de la concession d’affichage) et aura des frais supplémentaires à sa charge. En effet, la Ville devra assurer l’entretien des supports d’affichage, qui, eux, resteront sur le domaine public pour offrir aux habitants «des panneaux vierges destinés à l’expression libre, citoyenne et artistique», afin de «faire émerger une culture inclusive»! Par ailleurs, la suppression d’environ 130 emplois (graphistes, publicitaires, imprimeurs, agents de communication, colleurs d’affiches…) amènera une baisse des recettes fiscales. Mais est-il surprenant que la gauche se désintéresse de l’économie, toute claquemurée qu’elle est dans son idéologie déconnectée de toute réalité?

Purifier l’espace public en censurant la liberté de commerce

Outre que ce concept de purification est inquiétant, il constitue une atteinte à la liberté de commerce. En effet, la publicité est une composante nécessaire du commerce; elle en est le corollaire. Censurer par un diktat ce droit de faire connaître un bien, un produit, un service, et de promouvoir sa marque est une atteinte grave à la liberté de commerce et à l’information des consommateurs. Sans publicité, pas de concurrence, pas d’économie de marché… Les régimes totalitaires de l’ex-bloc de l’Est n’avaient pas besoin de publicité.
Par ailleurs, avec les effets de la pandémie, dans une concurrence internationale toujours plus rude, n’est-il pas plus que jamais urgent de soutenir nos entreprises locales (artisans, commerçants, producteurs locaux) comme nationales? Enfin, que signifie «privilégier la qualité du paysage urbain genevois en libérant l’espace public […pour] l’expression libre, citoyenne et artistique»? Si les acteurs de publicité sont soumis à des règles strictes, aucun cadre n’est donné à cette «libre expression citoyenne». Rapidement envahis par un affichage sauvage ou couverts de graffitis immondes, de slogans injurieux, haineux, sexistes… ces panneaux ne resteront pas vierges longtemps. Enfin, pourquoi taxer les graphistes qui travaillent dans la publicité de pollueurs de l’espace public, alors qu’un simple quidam, lui, s’exprimerait «artistiquement», selon la vision angélique de la gauche?

Insécurité juridique

Le règlement de la Ville de Genève a pour champ d’application «l’affichage dit «papier» tel que visé par la législation cantonale sur les procédés de réclame…» (art. 2). Non seulement cette notion n’est pas définie en droit cantonal, mais à rigueur de texte et conformément à son objectif, cette interdiction d’affichage publicitaire en Ville de Genève – y compris sur le domaine privé visible du domaine public – devrait aussi bien s’appliquer à l’affichage sur les véhicules des TPG et dans les vitrines des commerces sur le territoire de la Ville, la gauche ayant à cet égard refusé les amendements visant à les exclure de son champ d’application.
A cette interdiction absolue de publicité, la Ville émet deux exceptions: «l’affichage culturel ou à portée éducative effectué pour le compte d’entités à but lucratif ou commercial…» (art. 3, al. 2). Comment définir ce qui est à portée éducative ou culturelle? A suivre ce règlement, Netflix devrait pouvoir faire de la publicité, contrairement à AgriGenève (portail des agriculteurs genevois), qui ne sera pas autorisé à vanter ses produits du terroir sur les panneaux en Ville de Genève, pour ne citer qu’un exemple parmi tant d’autres. Et qu’en sera-t-il de la publicité pour des produits ou des services émanant d’entités à but idéal?

Un référendum pour sauver nos libertés et notre économie locale

Cette interdiction générale de la publicité pénalisera notre économie locale et régionale. Les gagnants de cette purification de l’espace public seront les GAFAM1, qui en sortiront encore renforcés. Or, ces géants du Web, qui favorisent les firmes internationales dans un cadre légal ultra-permissif, ne profitent nullement à l’économie locale. Certes, ils créent des emplois et des recettes fiscales, oui… mais en Californie!
Pour toutes ces raisons, le PLR Ville de Genève avec les partis Le Centre, MCG, UDC et Vert’Libéraux, soutenus par les milieux économiques cantonaux et les faîtières de la communication, ont lancé le référendum «NON à l’interdiction de la publicité en Ville de Genève».
Ne laissons pas quelques censeurs, avec leurs diktats, nous imposer une vision arriérée où l’image est perçue comme maléfique et nuisible. Rappelons combien la Bibliothèque de Genève est fière d’avoir la plus grande collection d’affiches de Suisse!
En soutenant ce référendum, donnons aux citoyens de notre commune le droit de se prononcer sur cet objet. Et si vous n’habitez par la Ville, faites circuler et signer ce référendum pour défendre nos entreprises, nos artisans et commerçants qui font vivre Genève!

 

Michèle Roullet
Cheffe du groupe PLR Ville de Genève
Vice-présidente du comité référendaire

1. Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft

Pour dire non à l’Initiative «Genève zéro pub – libérons nos rues de la publicité commerciale», signez le référendum en allant sur le site «zeropub-non.ch».

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