Paris n’attire plus du tout…

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Une enquête Harris Interactive le montre clairement

Métropoles, villes moyennes, zones rurales… les Français ne savent plus où habiter

19 Jan 2022 | Articles de Une

Vivre en ville? Oui, mais à son propre rythme. A la fois loin du bruit et de l’agitation, et à proximité des commerces et des transports… Tel est l’environnement urbain qui semble faire rêver les Français, selon une récente enquête*. A la recherche du mouton à cinq pattes…

Dans quel type de ville aimeraient vivre les Français? Vaste question. Certains n’imaginent poser leurs valises que dans une métropole, synonyme d’anonymat et d’activités diverses. D’autres – et ils sont de plus en plus nombreux – rêvent de l’image d’Épinal du petit village où chacun se connaît et se reconnaît.
Conséquence du confinement? Aujourd’hui, les zones à faible densité de population offrent une image plus attractive que les grandes métropoles. Pas moins de 72% des personnes interrogées se disent attirées par les petites villes de moins de
20 000 habitants et 68% ont confié qu’elles seraient également attirées par le fait de vivre dans une commune de zone rurale, qui représente la grande majorité des communes françaises. Seuls 27% se projettent dans des villes de plus de
100 000 habitants.

Paris? Surtout pas!

Fait marquant: Paris n’attire plus… On peut même parler de désamour, puisque 79% des personnes interrogées déclarent ne pas être attirées par l’agglomération parisienne. Ainsi est abattu le symbole de la grande métropole, pourtant longtemps montré en exemple.
Autant l’attrait des petites villes et des communes rurales est un sentiment relativement bien partagé par la population, autant l’attirance pour les grandes villes est davantage une question de génération.
Ainsi, les moins de 35 ans sont près de la moitié (49%) à se dire attirés par les villes de plus de 100 000 habitants… contre seulement 12% des 50 ans et plus.
Et si les Français n’avaient pas le choix et devaient vivre dans une ville à forte densité de population, la majorité opterait d’abord pour la périphérie proche (44%) ou pour un quartier un peu excentré (40%). A l’inverse, moins d’un tiers des Français (31%) se disent attirés par les zones de centre-ville.

Vie culturelle et mobilité

Les Français séduits par les villes de plus de 100 000 habitants mettent en avant un certain nombre d’arguments.
Première raison, invoquée par 42% des personnes interrogées: la diversité des activités culturelles possibles (musées, cinémas, concerts…). Plus de 30% évoquent également la présence de bars, restaurants et discothèques, ou l’offre sportive et associative; 23% les horaires étendus des magasins.
C’est l’avantage d’une grande ville: hors crise sanitaire: on peut, dans la même journée, manger japonais, s’offrir une exposition et se lancer dans l’apprentissage de la boxe anglaise…
Autre atout majeur de la grande ville: l’accessibilité. Pour 38% de la population, le fait de pouvoir rejoindre une multitude d’activités à pied ou par les transports en commun est une raison suffisante pour vivre dans une grande agglomération (c’est le concept de la «ville du quart d’heure», dont on parle tant). Ce chiffre grimpe même jusqu’à 43% chez les femmes et les plus de 50 ans.
Mais ces points forts sont nuancés par plusieurs inconvénients tels que le bruit, cité par 53% des sondés comme le frein principal à la vie en ville. Autre raison majeure pour fuir les grandes agglomérations: la pollution, rédhibitoire pour 48% de la population.
Enfin, habiter dans un grand ensemble urbain a souvent un impact sur le coût de la vie. Ce seul argument pousse 37% des Français à bouder les grandes villes.
Au final, depuis le début de la crise sanitaire, 79% de la population se posent des questions sur leur mode de vie urbain et plus des deux tiers des sondés songent à déménager dans une zone rurale ou une ville plus petite.

 

Michel Levron – Paris

* Enquête Harris Interactive pour «L’Immo – La référence info sur l’immobilier», réalisée du 26 juillet au 2 août 2021 auprès d’un échantillon de 1012 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.
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