Pour la première saison – de septembre 2021 à l’été 2022 – c’est le spectacle «Reflet d’un Songe», inspiré des œuvres du célèbre peintre flamand Vermeer, qui est présenté en exclusivité.

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Initiative inédite de Steiner SA et Steiner Investment Foundation

L’expérience concrète du «bâtir-ensemble»

6 Avr 2022 | Articles de Une

A prime abord, le terrain de quatre hectares situé à l’angle de la route des Morillons et de la rue Michelle Nicod, au cœur du quartier des Nations, ressemble à une vaste friche. Mais il suffit de quelques pas pour que le visiteur se rende compte qu’il s’y déroule une expérience inédite. Depuis l’été passé et jusqu’à fin 2024, ce site – baptisé «Le Jardin des Nations» – est le réceptacle de la première démarche d’urbanisme transitoire à Genève. Dans l’attente de réaliser un projet immobilier, Steiner Investment Foundation et Steiner SA ont fait le pari de transformer la vaste parcelle en un lieu de vie attractif, ouvert à tous. Evénements culturels, spectacles immersifs dans une citerne géante, cours, potager urbain, petite restauration et ateliers de co-création y prennent place, selon une dynamique unique en Suisse romande.

Avoir une approche différente, prendre le temps de faire émerger un projet, valoriser l’expertise collective… ainsi est né le Jardin des Nations. Matthieu Billaud, chef de projet, développement immobilier chez Steiner SA, explique: «Nous sommes partis d’un constat assez simple: les projets d’envergure à Genève peinent à être acceptés par la population et les associations locales, et ce pour des raisons récurrentes, à savoir la coupe d’arbres, l’atteinte au patrimoine, une densification excessive, une qualité architecturale et paysagère insuffisante, etc. Les exemples de projets validés par l’administration puis refusés en votation populaire ne manquent pas, faute de consensus. En effet, l’implication de toutes les parties prenantes, notamment les plus sensibles, n’est pas organisée suffisamment tôt et les opposants se manifestent au moment de l’enquête publique, alors que le programme est déjà bien avancé».

La co-création: une démarche structurée

Afin d’éviter cette situation, Steiner et Steiner Investment Foundation ont souhaité débuter un large dialogue avec toutes les parties et acteurs concernés, très en amont de l’élaboration du Plan localisé de quartier. Des ateliers de co-création ont ainsi été mis en place. «L’urbanisme transitoire durera au moins trois ans, une séquence qui peut paraître longue mais qui nous semble nécessaire pour se donner réellement le temps de co-créer loyalement un projet de qualité. Le gain n’est pas négligeable: il est courant à Genève qu’une dizaine d’années, voire davantage, s’écoule en procédures diverses successives, relève Matthieu Billaud. L’investissement consenti par l’entreprise Steiner, ainsi que la prise de risque, permettent de repenser la pratique de la co-création urbaine, tout en diffusant une véritable culture de la confiance et de la participation constructive. L’objectif est également de rapprocher et de créer des liens entre la Genève internationale et la Genève locale».
Le maître d’ouvrage a été plus loin encore: pour encourager la discussion, le site a été rendu totalement accessible au public, qui peut participer, depuis août dernier, aux nombreuses activités proposées en plus des ateliers de co-création. Les installations sont conçues en adéquation avec le site et destinées à rassembler des populations d’horizons divers. «En générant un flux important de personnes – dix mille visiteurs depuis l’ouverture! -, l’intérêt pour le projet naît naturellement, sans imposer quoi que ce soit. Ceux qui veulent s’impliquer peuvent s’informer et participer aux débats», souligne Magali Vionnet, chef de projet événementiel chez Steiner SA. Des panneaux explicatifs, des court-métrages et des présentations viendront s’ajouter aux ateliers de co-création proprement dits.

Des ambitions fortes

C’est en janvier 2020 que Steiner Investment Foundation et Steiner SA ont remporté ensemble un appel d’offres pour l’acquisition – au prix de 150 millions – de la parcelle du Jardin des Nations, voisine du Bureau International du Travail, de la Cité internationale du Grand Morillon et du Campus de l’Ecolint. Un processus de co-création inédit a été lancé, impliquant les diverses parties concernées, soit: le propriétaire du terrain lui-même (Steiner Investment Foundation), des mandataires spécialisés, les autorités, les associations, les riverains, les organisations internationales et la population genevoise. Tous ces acteurs sont invités à participer à la co-création du futur quartier. L’objectif affiché: développer un projet immobilier qui réponde de près aux besoins des futurs utilisateurs, tout en respectant les valeurs chères à l’entreprise Steiner et la classification légale de cette parcelle.
En effet, si les premières esquisses partent d’une page blanche, la parcelle a une contrainte: celle d’être classée en zone de développement. En outre, une affectation complémentaire fixée par les autorités prévoit que 2/3 des mètres carrés bâtis doivent répondre directement ou indirectement aux besoins (bureaux, services, commerces, etc.) de la Genève internationale.

Entre l’achat de la parcelle et le premier coup de pioche, de nombreuses activités culturelles et récréatives sont proposées.

Un Jardin qui porte bien son nom

Les contours du Jardin des Nations se dessinent petit à petit, au gré des ateliers. Afin d’apporter des idées nouvelles et de stimuler les discussions, des architectes de Barcelone (bureau RCR Arquitectes, lauréat du prix Pritzker d’architecture 2017) ont été invités pour orienter et inspirer les ateliers de co-création. Une étape décisive a eu lieu le 10 novembre 2021 au Jardin, avec la restitution publique des intentions issues de la co-création des six premiers ateliers.
«Plusieurs grands principes ont été énoncés pour l’élaboration de l’image directrice: un lieu ouvert, en lien avec le contexte environnant et qui préservera la vue sur les Alpes et le lac de Genève; un site poreux, traversé par des connexions vertes; un sol vivant, arboré, avec au moins 50% de pleine terre, soit une emprise limitée puisque seuls 12 000 m2 seront artificialisés, correspondant à un gros quart de la surface disponible et laissant le reste en zone de détente, de pleine terre et d’aménagements extérieurs; un projet avec plusieurs unités bâties assurant une diversité d’usages et d’utilisateurs», détaille Matthieu Billaud. La parcelle s’avère donc parfaitement reliée aux quartiers voisins, grâce aux connexions physiques et programmatiques. Concrètement, cela revient à développer des cheminements piétonniers et cyclables, des espaces publics, des poches de verdure et des rez-de-chaussée animés, toujours dans le respect des normes de sécurité propres aux organisations internationales. Des plus-values qui n’existent pas dans ce quartier international, où les activités et les services ouverts à divers publics sont plutôt rares.
Le processus de co-création a confirmé l’ambition de conserver l’ensemble des arbres majeurs présents sur le site. La végétalisation des toitures et l’aménagement d’un potager urbain sont également envisagés. Enfin, les discussions ont mis en évidence le besoin d’un pôle culturel et éducatif (éventuellement musical) à l’échelle du canton. Concernant les constructions proprement dites, le recours aux matériaux biosourcés sera privilégié autant que possible; une réflexion autour de la lumière naturelle et des perspectives visuelles est en cours.
La restitution publique du 10 novembre dernier est venue clore la première phase de co-création. Les remarques et les interpellations exprimées lors de cette séance ont été prises en compte. Actuellement, les autorités cantonales et communales compétentes travaillent avec Steiner sur l’organisation de la suite des échanges, avant de retrouver les différents acteurs pour une nouvelle phase de co-création publique qui aura lieu en ce printemps 2022.

Dans l’attente, autant en profiter!

Ainsi, pendant ce temps de transition – entre l’achat de la parcelle et le premier coup de pioche – de nombreuses activités culturelles et récréatives sont proposées, portées par des associations locales, des partenaires genevois ou en direct par Steiner. Certains projets seront amenés à perdurer au-delà de cette phase transitoire. Le Jardin est en libre accès; avec les beaux jours, il accueille toutes sortes d’événements (concerts, expositions, cours, etc.) à l’extérieur, dans l’herbe, ou à l’intérieur de Syllepse – la citerne géante dotée des dernières technologies de projection à 360º.
On pourra, dès l’arrivée des beaux jours, se détendre en famille ou entre amis, boire un verre, pique-niquer, apprendre à jardiner. Les spectacles immersifs valent, à eux seuls, le détour. Magali Vionnet précise: «La culture a pris une nouvelle forme à 360° dans Syllepse. Pour la première saison – de septembre 2021 à l’été 2022 – c’est le spectacle ‘Reflet d’un Songe’, inspiré des œuvres du célèbre peintre flamand Vermeer, qui est présenté en exclusivité». D’autres spectacles viendront animer cette structure immersive au cours des prochains mois. Il est également possible de louer l’espace pour des événements privés ou d’entreprise, comme ce fut le cas durant Watches & Wonders.
De plus, quelque 3500 m2 du site ont été mis à disposition de l’association Genève Cultive, qui a réalisé le «potager des Nations». Chacun peut venir acheter ses légumes, fleurs ou herbes aromatiques, mais aussi découvrir les rudiments du jardinage urbain. L’association Genève Cultive, active depuis 2015, soutient le développement de l’agriculture urbaine et la biodiversité à Genève. Elle vise également à défendre la prise en compte du végétal dans les projets d’urbanisme, afin de promouvoir le développement durable et de lutter contre le changement climatique. Quoiqu’il en soit, au Jardin des Nations, il fait bon cultiver son jardin dans tous les sens du terme! Dès début mai, un nouveau partenaire rejoindra le site: il s’agit de l’association «La Barje», bien implantée dans le tissu genevois. Elle tiendra l’espace restauration et organisera divers événements. La volonté est d’avoir un site vivant, les projets sont amenés à évoluer, avec l’intégration possible d’autres collaborations.
Le Jardin des Nations est un véritable incubateur d’idées et une pépinière de l’intelligence collective. Effervescent, créatif, culturel et social, ce lieu unique à Genève représente le premier jalon d’une mutation importante: de l’urbanisme planificateur vers un urbanisme contextuel, durable et surtout partagé avec l’ensemble de la population!

 

Véronique Stein

 

 

www.jardin-des-nations.ch

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