Michel Simonet a pu consacrer du temps en dehors de son travail de balayeur des rues à écrire un livre évoquant une famille de neuf personnes: la sienne. Ici à la RTS.

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«Un couple et sept couffins»

Le balayeur fribourgeois a encore frappé

24 Nov 2021 | Articles de Une

Il nous offre un humble et vivant éloge de la famille nombreuse. Michel Simonet, qui a connu un très grand succès (40 000 exemplaires) avec son livre «Une rose et un balai» (paru en 2015 aux Editions Faim de siècle et disponible en Poche), nous livre en cet automne plein de feuilles jonchant les trottoirs de nos villes ce qu’il appelle un «guide du moutard», un nouveau livre intitulé «Un couple et sept couffins». Le récit de vie d’une famille riche de sept enfants, mais peu argentée. Découverte d’un Fribourgeois humble, profond et solaire, à la foi bien enracinée dans une vie sobre et heureuse.

Récipiendaire du Grand Prix culturel de Migros Neuchâtel-Fribourg, le sexagénaire Michel Simonet a pu ainsi consacrer du temps en dehors de son travail de balayeur des rues à écrire un livre évoquant une famille de neuf personnes: la sienne. Celui qui considère que l’on doit toujours le pousser à écrire et qui entend demeurer «un balayeur qui écrit et pas un écrivain qui balaie» n’avait pas forcément envie de se lancer dans une nouvelle aventure littéraire après l’énorme succès de son livre «Une rose et un balai», œuvre qualifiée de «livre merveilleux» par Laure Adler sur France-Inter. Ce premier livre est aussi devenu un spectacle monté par le Centre dramatique fribourgeois-Théâtre des Osses. «Bookmaker d’un seul pari, je n’imaginais pas écrire au pluriel et réitérer un accident de parcours de balayeur survenu il y a déjà six ans», déclare-t-il. Ce nouvel opus, qui prouve que l’on peut éduquer sept enfants dans ce pays avec un seul et modeste salaire, est plus travaillé et abouti que le premier ouvrage de Michel Simonet. Celui-ci n’a guère besoin glorieux d’une rue à son nom, lui qui les possède toutes.

Simplicité et sérénité

Michel Simonet, désarmant de simplicité et de sérénité, a réussi la gageure, en décrivant sa vie familiale de plus de trente ans, de ne pas placer le lecteur en position de voyeur. Selon celui qui est devenu une figure familière désormais invitée sur les plateaux des télévisions (comme mercredi dernier au Téléjournal de la RTS), «Un couple et sept couffins est l’alternance profuse et badine de chapitres thématiques entrecoupés d’anecdotes et de poèmes, présentant une famille helvétique de tradition urbaine, composée d’un père prolétaire, d’une mère au foyer, ainsi que de leurs sept enfants grandissants». L’ouvrage, qui fera l’objet d’une édition illustrée en France au printemps et de plusieurs traductions, est complété des «Lettres du littering», ce qui permet au balayeur à la rose de peaufiner et de clore l’évocation de son métier qu’il aime plus que l’écriture, car il n’apprécie que le dehors. Petit interview d’un homme qui connaît un certain bonheur sans être gnangnan.

«Un couple et sept couffins», Michel Simonet, Éditions Faim de siècle, Fribourg, 2021.

Rencontre avec l’auteur

– Avez-vous l’impression d’être, avec votre nombreuse famille, un modèle?
– Nous sommes plutôt originaux qu’un modèle, car nous formons une famille qui ne ressemble pas à une famille actuelle. Nous sommes liés à la famille nombreuse des temps pas si lointains que ça, mais avons quand même une façon de vivre qui se veut proche de notre société.

– Pensez-vous avoir vécu une vie sobre et austère?
– C’était une sobriété d’une part contrainte par le nombre d’enfants et mon salaire d’employé communal de voirie, et d’autre part marquée par une volonté de vivre simplement, avec les moyens du bord, sans dépenser inutilement. Si on avait eu plus d’argent, on aurait vécu la même chose, on n’aurait pas fait autrement.

– Par votre humilité et votre souci de bien faire, incarnez-vous une sorte de Fribourgeois type?
– Je suis un Fribourgeois du District du Lac, mon père est suisse-allemand catholique et ma mère vullieraine protestante. J’ai les deux langues dans mon cursus familial; j’ai pris la langue maternelle et la religion paternelle, ce qui m’a rendu peut-être sensible à ce côté fribourgeois, ayant toujours vécu à Fribourg dès l’âge de quatre ans. J’ai fait mes classes au Collège Saint-Michel, qui m’a beaucoup apporté sur le plan littéraire et catholique. Je crois que dans le catholicisme, il y a ce côté où on ne recherche pas les ambitions mondaines; on veut faire les choses bien, fonder une famille et avancer à la fois d’une manière simple, humaine surtout, et peut-être pas trop entreprenante, car l’écriture d’un livre est pour moi une contrainte.

 

Propos recueillis par Laurent Passer

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