La gare est un élément symbolique pour le public.

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Une gare se construit

La nouvelle porte de Bulle

11 Mai 2022 | Articles de Une

«C’est un manifeste urbain, un signal, une porte, un objet….c’est une gare ! Bulle». Voilà comment l’architecte genevois Eric Maria évoque son projet. La nouvelle infrastructure frigourgeoise – qui sera livrée cet été – contribuera à dynamiser le centre de Bulle, par ailleurs marqué par le développement de l’important projet immobilier mixte «Velâdzo». Donnons la parole à Eric Maria, qui n’en est pas à son coup d’essai dans le domaine de l’architecture ferroviaire: c’est en effet lui qui a défini, aux côtés de Jean Nouvel, le concept des cinq gares genevoises du Léman Express.

Notre projet est avant tout une réflexion sur le rapport et l’importance de la nouvelle gare de Bulle dans le paysage urbain. Il s’agit de lui donner une image, qui, sans être flamboyante, doit devenir un symbole public. Pour ce faire, nous avons fait le choix de créer une matière, qui aura pour vocation d’exprimer un pouvoir, un territoire, une fonction.
Les axes urbains piétons, partant de l’espace public de la place de la gare (elle-même remaniée), relient le cœur de ville et les nouveaux quartiers; ils nous conduisent à accompagner le passage inférieur – distribuant les quais, d’une identité propre en lien avec les espaces extérieurs. Cet axe pénétrant reprend les thèmes de l’écriture architecturale de la place de la gare et des marquises. L’ensemble – passage et marquises – devient ainsi un projet à caractère symbolique, la gare de Bulle.

L’élégance du mélèze suisse.

S’inspirer de l’histoire du lieu

Nous sommes dans une région de culture sylvestre. Les industries locales sont aussi des championnes suisses de la transformation du métal. Ainsi, nous utiliserons ces matières contextuelles dans la définition architecturale de la gare: ossatures métalliques sur grandes portées pour minimiser les poteaux et sous face habillée de lames de bois posées aléatoirement, générant un effet de vibration sous la lumière.
La position en sous-face permet au bois de mélèze local de garder sa couleur blonde au fil du temps, la partie supérieure des marquises étant en bacs métalliques. La lumière directe sous les marquises sera un ciel étoilé, d’une même vibration que celles des lamelles de bois, donnant ainsi une cohérence à l’ensemble. La forme des marquises suit le tracé des quais, en courbe, exprimant ainsi la tension dynamique des rails, augmenté par l’effet des porte-à-faux en extrémité qui se terminent comme des lames.
Les équipements sont judicieusement répartis le long des quatre quais. Des bancs – disposés en grappes – se trouvent au centre et aux extrémités; une cabine d’attente fermée et transparente marque le cœur du dispositif, dans l’axe des flux. Les panneaux d’information sont soudés aux poteaux, de même que les poubelles et cendriers en pied.
Dans sa simplicité, le projet exprime ainsi une grande cohérence de forme, un système clairement identifiable par tous, passagers, usagers et habitants.

 

Eric Maria, architecte DPLG, SIA
EMA architectes associés

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