Jean-Jacques Gauer: «Les livres qui m’ont le plus impressionné, ce sont ceux de Frédy Girardet, tel «La cuisine spontanée».

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Dans la bibliothèque de…

Jean-Jacques Gauer: le goût des biographies

11 Mai 2022 | Articles de Une

Sa bibliothèque est nichée dans la cuisine de son restaurant, l’Auberge du Raisin à Cully, dans le canton de Vaud, l’adresse chic sur les bords du lac. On y trouve des livres signés par les plus grands, Frédy Girardet, Philippe Rochat, Carlo Crisci… Ex-directeur du Lausanne Palace, Jean-Jacques Gauer aime aussi dévorer les biographies et il vient d’ailleurs de raconter sa propre vie dans un livre au titre provocant, «Monsieur, où sont les toilettes?» (Editions Favre), la question qui lui fut posée le plus souvent dans sa carrière d’hôtelier.

Le goût des gens, le goût des plats et des saveurs, l’amour des plaisirs de la vie… C’est le style de Jean-Jacques Gauer, ex-directeur et âme vivante de l’hôtel Lausanne Palace devenu le propriétaire et, là aussi, l’âme vivante de l’Auberge du Raisin, à Cully. Ce qu’il aime avant tout, c’est le contact avec les gens, les relations, les discussions, les rencontres. Il vient d’écrire sa biographie, qui connaît un grand succès, et il continue de se plonger avec beaucoup de curiosité dans celles des autres.
«J’aime lire, dit-il, principalement des biographies. Les romans m’ennuient et je n’en ai rien à faire. J’aime les gens qui ont une vraie histoire et une expérience à raconter, par exemple Barack Obama et sa femme Michelle. J’ai lu leurs autobiographies, c’est passionnant. Lui, il avait l’envie de faire avancer l’Amérique, tandis que sa femme voulait la galvaniser, la stimuler. Ce sont des exemples qui nous font réfléchir et nous donnent de la force».
Autre personnage qui fascine Jean-Jacques Gauer, même s’il est déjà plus lointain, Winston Churchill. «Il fait partie d’une époque passionnante de notre histoire, dit-il. Il a montré comment on pouvait inverser le cours des choses avec de la volonté et du courage. Je veux lire la biographie que Boris Johnson lui a consacrée. Les deux se ressemblent d’ailleurs beaucoup, jusque dans leurs défauts. Churchill était alcoolique, Boris Johnson boit dans son bureau et fait des soirées pendant la Covid… Mais ils ont une ardeur et une vision pour leur pays».

Les ascensions de Peter Brabeck

Autre personnage qui le fascine, l’ancien patron de Nestlé, Peter Brabeck, celui qui a rendu riche le candidat Macron, qui œuvrait chez Rothschild. Il a publié l’année dernière son autobiographie, «Ascension», (Editions Favre). «Je le connais depuis longtemps, reprend Jean-Jacques Gauer, et je suis toujours frappé par sa simplicité. Il n’a jamais eu l’ambition d’accumuler les millions ou de devenir aussi riche que Bill Gates. Il a plutôt la nostalgie de sa jeunesse insouciante, quand il avait une camionnette et qu’il vendait des glaces au bord du lac dans son Autriche natale». Peter Brabeck aimait l’alpinisme, pilotait son avion, avait le goût des voyages… tout en faisant grimper
Nestlé vers de nouveaux sommets.
Jean-Jacques Gauer a aussi aimé «Changer d’altitude» (Editions Stock), de Bertrand Piccard, le premier homme à avoir fait le tour du monde en ballon en solitaire avant d’être le premier à boucler le tour du globe en avion solaire, avec son ami André
Borschberg. «C’est une source d’émotions et c’est très motivant», remarque-t-il.
Et puis il y a Michel Platini, légende vivante du football, qui a publié «Entre nous» (Editions de L’Observatoire). «Je le connais depuis quinze ans, j’ai adoré sa biographie. J’ai vu d’où il venait et comment il était monté au sommet, sa relation avec Giovanni Agnelli quand il jouait à la Juventus, son élection à la tête de l’UEFA, sa chute dans l’affaire de la FIFA. Il est un peu déçu aujourd’hui, un peu amer, mais il a passé le cap».

Et pour finir, la cuisine!

Fan de biographies, Jean-Jacques Gauer n’en oublie pas pour autant sa passion première: la cuisine. «Je lis quasiment tout ce qui paraît, explique-t-il. Je feuillette les livres, je m’en inspire, je regarde les plats, les recettes, je réinterprète tout cela. Les livres qui m’ont le plus impressionné, ce sont ceux de Frédy Girardet, «La cuisine spontanée» (Editions Robert Laffont) et «Emotions gourmandes» (Editions Favre). Je lis aussi des ouvrages sur le vin, les régions viticoles, leur histoire. J’aime bien la légende du château d’Yquem. On dit que le maître du vignoble était allé chez son amie en Pologne et s’y était attardé. Il est rentré un mois et demi après les vendanges qui n’avaient pas été faites, tout était flétri, mais il a dit: «Je presse quand même» et a obtenu un nectar!»

 

Robert Habel

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