Les algorithmes ont leurs limites. S’ils soutiennent le processus, ils ne peuvent se substituer à la créativité humaine.

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Les pratiques informationnelles des entreprises à l’heure de l’IA générative

Comment utiliser l’intelligence artificielle de manière réfléchie et éthique?

15 Mai 2024 | Articles de Une

Au travail, il peut nous arriver de recourir aux intelligences artificielles (IA) génératives, comme ChatGPT ou Bard, sans pour autant en informer notre hiérarchie. Cependant, cet usage – non réglementé dans les entreprises suisses – peut poser problème. Les agents conversationnels sont-ils des outils d’amélioration de la performance, ou au contraire présentent-ils des risques sécuritaires et de désinformation? Afin d’aborder ce thème délicat, une table ronde est organisée le 23 mai dans le cadre des «Rendez-vous de la HEG-Genève»: l’occasion de confronter les expériences des entrepreneurs et celles d’experts invités, tout en réseautant autour d’un cocktail convivial.

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Lorsqu’ils utilisent de manière inopinée l’IA générative, les employés font prendre des risques à leur entreprise: des informations stratégiques ou concernant la clientèle peuvent être dévoilées, devenant accessibles à tous. «Aide-moi à faire une projection pour les trois prochaines années?», demande par exemple un collaborateur à ChatGPT. Afin de générer une réponse, un fichier Excel comprenant des données – potentiellement sensibles – devra être introduit. Autre difficulté rencontrée: les informations obtenues grâce à l’IA sont souvent admises comme véridiques, alors qu’une recherche «croisée» s’imposerait. Combiner ChatGPT à l’utilisation de moteurs de recherche permet d’éviter cet écueil; quant aux versions payantes, elles offrent des options profitables, notamment en matière d’interprétation des données. Enfin, les logiciels conversationnels ne citent pas leurs sources ou seulement de manière incomplète, voire inexacte.

Menace ou opportunité?

Lors de la rencontre «A l’heure de ChatGPT, quelles pratiques d’information dans les entreprises?», trois spécialistes seront accueillis par Hélène Madinier et Stéphanie Haesen, respectivement professeur associé et chargée de cours dans la filière Information Science, ainsi que par Michel Deriaz, professeur assistant dans la filière Informatique de gestion et spécialiste de l’IA. Il s’agit de: Paul-Olivier Dehaye, qui est à l’origine du lancement d’alerte du scandale Facebook-Cambridge Analytica; Laura Tocmacov, entrepreneur, journaliste et CEO d’une Fondation œuvrant en faveur d’IA éthiques; et Thibault Pierotti, actif dans le domaine du prompting (instructions destinées aux agents d’IA).
L’IA représente une aide précieuse, par exemple pour rédiger un résumé, faire une analyse de données, traduire un texte ou préparer une brochure de marketing; cet outil est également utile aux étudiants lors de préparation d’examens et aux enseignants pour définir leur structure de cours. Cependant, les algorithmes ont leurs limites: s’ils soutiennent le processus créatif en fournissant des idées et des suggestions, ils ne peuvent se substituer à la créativité humaine. Afin de voir plus clair sur ce vaste sujet, la rencontre du 23 mai traitera de questions en lien avec l’utilisation de l’IA au travail, comme la fréquence, les buts visés et les modes (en ligne ou via des programmes). Y a-t-il des différences d’usages entre le milieu privé et public? Que faut-il encourager ou au contraire proscrire? Quelles sont les tâches que l’IA pourra remplacer? Quelle est la stabilité des outils? Assiste-t-on à la fin de la recherche classique sur Internet?

Les intervenants échangeront avec le public sur les opportunités, les risques et les enjeux des IA génératives pour les entreprises.

La capacité à adopter des innovations dans un cadre structurant

Fin 2023, une étude française a montré que moins d’un dirigeant sur cinq de très petite entreprise (TPE) utilise les agents d’IA générative, ne sachant pas exactement ce qu’il pourrait en retirer. Ainsi, un accompagnement et/des formations ciblées permettraient de tirer le meilleur parti des IA génératives. Car employés de manière pertinente, ces outils peuvent venir en appui à la prise de décision ou à la mise en place d’une stratégie entrepreneuriale. Le sujet de la régulation des technologies mérite une discussion approfondie, fondée sur la nécessaire responsabilité éthique. Le «Rendez-vous de la HEG-Genève» du mois de mai apportera certainement des pistes de réflexion. Et pour ceux qui souhaitent aller plus loin, le Certificate of Advanced Studies (CAS) «Veille et défis stratégiques», proposé également à la HEG, permettra de transformer l’information en avantage compétitif!

 

Véronique Stein

Haute Ecole de gestion de Genève (HEG)
Campus Battelle
Bâtiment B, Aula
Rue de la Tambourine 17
1227 Carouge / GE

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